Laurence Garcin, pianiste, à propos de son Steinway B

J’ai toujours envié en tant que pianiste la relation du violoniste envers son luthier. Il confie son violon à une sorte de médecin, de chaman, de magicien, parle d’ouïe, d’âme comme s’il s’agissait d’un être cher, très cher.
Et Marion est arrivée !
Excellente mécanicienne et technicienne des claviers mais pas seulement… Elle aime l’univers sonore, le grain du son, elle est à l’écoute de nos désirs en matière de toucher, de sensation, et parvient ainsi à retisser ce lien d’amour parfois distendu par les années qui passent… J’ai retrouvé mon Steinway avec émotion, il renaissait !
Marion est une fée, une magicienne, une sage-femme aussi… Elle est une artiste, mais aussi une artisan (e), une accoucheuse. Un grand merci à Marion Lainé, nom prédestiné !!!

Restauration

concert inaugural sur piano restauré

Article Var Matin consacré à la restauration du modèle D‑274 de l’opéra de Toulon

CURE DE JOUVENCE POUR LE STEINWAY DE L’OPÉRA

 

Pour inaugurer la restauration de son piano Steinway, l’Opéra a invité la pianiste Marie Vermeulin, dont les doigts ont virevolté sur le clavier pour interpréter les 13 Scènes d’enfants, op.

Pour inaugurer la restauration de son piano Steinway, l’Opéra a invité la pianiste Marie Vermeulin, dont les doigts ont virevolté sur le clavier pour interpréter les 13 Scènes d’enfants, op. 15, de Robert Schumann et les Femmes de légende de la compositrice française Mel Bonis (1858–1937) : Ophélie, Phoebé, Desdémone, Omphale, Mélisande, Salomé. Les applaudissements ont confirmé que le piano pouvait entamer une seconde vie. Claude- Henri Bonnet, directeur général et artistique de l’Opéra, a commenté « conçu en de 1955, ce piano a été acheté par l’Opéra en 1964 et a été apprécié par de nombreux grands pianistes, de Michelangeli à Rubinstein. Après avoir rendu de bons et loyaux services pendant très longtemps, parfois été malmené, il a été relégué dans un coin. Les pianistes Alexandre Tharaud et Bertrand Chamayou ont incité à le restaurer car ils le trouvaient ’ bien chantant ». La résurrection de cet instrument a été rendue possible grâce au mécénat de l’association Provespérance, qui favorise les projets culturels et artistiques en Provence, par le biais de Gérard Cerruti, président de l’Union Patronale du Var. Marion Lainé, restauratrice indépendante, lui a consacré 700 heures pour enlever les vestiges du temps et du jeu puis retravailler le son.

https://www.varmatin.com/vie-locale/cure-de-jouvence-pour-le-steinway-de-l-opera-471458?t=ODQ1NmZlMGIyYWQzODJmMThiODdkYzFmZmNjMjU4NzdfMTU4MzQyMTczMzgxMV80NzE0NTg%3D&tp=viewpay

Parution au Dauphiné Libéré — édition Chambéry 14 février 2020

https://c.ledauphine.com/societe/2020/02/13/savoie-la-motte-servolex-dans-son-atelier-marion-laine-restaure-le-piano-de-l-opera-de-toulon

https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2020/02/15/savoie-restauration-de-pianos-dans-l-atelier-de-marion-laine-a-la-motte-servolex

https://c.ledauphine.com/liseuse/73A/20200214

Les Steinway et Bechstein n’ont pas de secrets pour Marion Lainé. Son défi du moment, c’est de retrouver l’âme du piano de l’opéra de Toulon. Photo Le DL /Sylvain MUSCIO

Voilà plus de 700 heures que Marion Lainé planche sur le piano Steinway de l’Opéra de Toulon. Tâches de café, poussière, rouille…, il était en très mauvais état quand elle a remporté l’appel d’offres pour le réparer. Il était même tombé et un pied avait traversé le plancher à deux reprises ! En faisant défiler les photos prises au smartphone, Marion Lainé remonte le temps. Sur les clichés, on retrouve le piano à queue dans toutes les positions. À l’envers, dénudé, poncé, vernis, poli…

Patiemment, une pièce après l’autre, et une étape après l’autre, Marion Lainé a joué sa partition pour sauver ce qui pouvait l’être. Parfois, c’est elle qui a le mauvais rôle et qui, appelée par les assurances ou pour un héritage, doit prononcer la mort d’un piano mangé par les vers ou ravagé par un dégât des eaux. Mais c’était possible de redonner une deuxième vie au piano de l’opéra de Toulon. Un défi estimé à 40 000 euros. C’est beaucoup, mais c’est quatre à cinq fois moins qu’un Steinway neuf.

Restaurer un piano, un défi technique et artistique

Son savoir-faire, Marion l’a acquis en école spécialisée mais aussi dans les maisons allemandes et italiennes où elle a travaillé pour parfaire sa connaissance des instruments et sa technique. Un métier-passion dans lequel elle excelle. Avec l’humilité des artisans qui, sans cesse, sur le métier remettent leur ouvrage. « Je m’estime toujours en apprentissage », sourit-elle. « Même si j’ai hérité d’un certain goût pour le travail bien fait », dit-elle en jetant un coup d’œil et un sourire au portrait de son grand-père, accroché dans l’atelier.

Métal, bois, cordes, feutre, ivoire, vernis… Restaurer un piano est un défi d’une grande technicité quelle que soit la matière. Dans son atelier, Marion Lainé décline ses gammes : tantôt elle joue de la perceuse, de la ponceuse, ou enroule les cordes autour des chevilles. Mais son instrument préféré c’est le pique-marteau. Un outil qui lui permet d’harmoniser la voix du piano en piquant jusqu’à 4 000 fois sur les différents feutres. Au bon endroit et avec la juste précision.

« Le but de la restauration, c’est de retrouver l’âme de l’instrument », résume Marion Lainé. Un défi tout aussi technique qu’artistique. « C’est un travail de précision, où l’on ne supporte pas d’approximation. Il ne faut pas que ce soit bien, il faut que ce soit parfait », sourit la restauratrice. « On travaille au quart de millimètre. Mon travail, c’est de rendre la précision de l’attaque, la souplesse du toucher, la dynamique du son. »

Comme tous les restaurateurs de piano, Marion Lainé travaille, dès le début de la réparation, avec l’idée du son à laquelle l’instrument peut arriver. Et les derniers réglages seront réalisés sur place, comme pour chaque piano. Elle partira de Savoie le 17 février, direction Toulon. Pour, une dernière fois, retravailler le son.

Marion Lainé est l’une des rares techniciennes à intervenir sur les pianos pendant les festivals. Photo Le DL /S.M.

Technicienne de concert lors de festivals

C’est une autre facette du métier de Marion Lainé. La Savoyarde fait partie des rares restaurateurs de pianos qui participe à la Folle journée de Nantes ou au Festival de pianos de la Roque d’Anthéron. Là-bas, elle joue les techniciennes de concert. Pour adapter les pianos à la fois au jeu, au programme mais aussi au trac des concertistes. Là encore, les connaissances et la précision de Marion sont appréciées à sa juste valeur. Car le pianiste, contrairement aux autres musiciens, ne se déplace pas avec son instrument. « Ce qu’il faut, c’est arriver à comprendre ce que les pianistes expriment avec des émotions, et opérer très rapidement le réglage qui va leur permettre de retrouver leurs marques et d’évacuer le stress », explique Marion, en souriant. Quand, un jour, un pianiste lui a lancé : « Marion, il est trop chaud, là, je me brûle en fond de clavier ! ». Elle avait 10 minutes pour ouvrir le piano, et opérer ses réglages sur les touches du clavier pour résoudre le problème qui gênait tant le pianiste avant d’entrer en scène.

Dans le métier, il faut savoir aussi composer avec une part d’improvisation. Mais rien d’insurmontable pour Marion. Avec son pique-marteau en poche, sa bonne humeur et son savoir-faire, les pianos, quels qu’ils soient, elle en fait son affaire.

Piano à queue de concert Steinway & Sons dans le foyer de l'Opéra de Toulon Steinway & Sons modèle D 274

Steinway & Sons D 274 — 1955

L’Opéra de Toulon m’a confié la restauration complète de l’un de ses Steinway & Sons de concert, qui a sa vie musicale dans le Salon Campra. Très abîmé, le piano ne tenait plus sur ses pieds et est déjà passé à plusieurs reprises à travers le plancher du salon. La restauration du meuble, de la structure harmonique et du bloc clavier/mécanique a nécessité le transport du piano dans mon atelier savoyard avant retour pour le concert inaugural donné par Marie Vermeulin.

Piano à queue de concert Steinway & Sons dans le foyer de l'Opéra de Toulon Steinway & Sons modèle D 274
Piano restauré, prêt pour le concert inaugural © Marion Lainé

Marque : Steinway & Sons
Modèle : D
Taille : 2m74
Fabrication : Hambourg — Allemagne
Année de fabrication : 1955
Structure : cadre fonte pleine non tourillonnée, cordes croisées
Mécanique : tubulaire Steinway & Sons à double échappement
Clavier : 88 notes du la au do
Ebénisterie : vernis polyester noir brillant
Année de restauration : 2019
Lieu de livraison : Opéra de Toulon

Description de la restauration :
- Restauration du clavier avec fabrication d’un revêtement en ivorite et remplacement des ébènes
- Remplacement cordes et chevilles
- Flipotage et revernissage de la table d’harmonie
- Regarnissage des étouffoirs
- Revernissage complet (DB Restor — Châlon sur Saône
- Remplacement de toutes les fixations de pieds et de lyre
- Réglage complet de la mécanique
- Harmonisation du timbre

vieux piano à queue de concert Steinway and Sons dans salon, le meuble est abîmé
piano à queue de concert Steinway & Sons complètement restauré dans l'atelier
chevilles cordes et cadre piano abîmés et poussiéreux
cadre Steinway restauré, propre et brillant
cordes et étouffoirs de piano abîmés et poussiéreux
cordes piano
clavier piano très abîmé ivoires arrachés
cadre piano abîmé
cadre piano restauré
marteaux piano abîmés et tâchés
mécanique piano à queue de concert restaurée