Article Var Matin consacré à la restauration du modèle D-274 de l’opéra de Toulon

CURE DE JOUVENCE POUR LE STEINWAY DE L’OPÉRA

 

Pour inaugurer la restauration de son piano Steinway, l’Opéra a invité la pianiste Marie Vermeulin, dont les doigts ont virevolté sur le clavier pour interpréter les 13 Scènes d’enfants, op.

Pour inaugurer la restauration de son piano Steinway, l’Opéra a invité la pianiste Marie Vermeulin, dont les doigts ont virevolté sur le clavier pour interpréter les 13 Scènes d’enfants, op. 15, de Robert Schumann et les Femmes de légende de la compositrice française Mel Bonis (1858-1937) : Ophélie, Phoebé, Desdémone, Omphale, Mélisande, Salomé. Les applaudissements ont confirmé que le piano pouvait entamer une seconde vie. Claude- Henri Bonnet, directeur général et artistique de l’Opéra, a commenté « conçu en de 1955, ce piano a été acheté par l’Opéra en 1964 et a été apprécié par de nombreux grands pianistes, de Michelangeli à Rubinstein. Après avoir rendu de bons et loyaux services pendant très longtemps, parfois été malmené, il a été relégué dans un coin. Les pianistes Alexandre Tharaud et Bertrand Chamayou ont incité à le restaurer car ils le trouvaient ‘ bien chantant ». La résurrection de cet instrument a été rendue possible grâce au mécénat de l’association Provespérance, qui favorise les projets culturels et artistiques en Provence, par le biais de Gérard Cerruti, président de l’Union Patronale du Var. Marion Lainé, restauratrice indépendante, lui a consacré 700 heures pour enlever les vestiges du temps et du jeu puis retravailler le son.

 

https://www.varmatin.com/vie-locale/cure-de-jouvence-pour-le-steinway-de-l-opera-471458?t=ODQ1NmZlMGIyYWQzODJmMThiODdkYzFmZmNjMjU4NzdfMTU4MzQyMTczMzgxMV80NzE0NTg%3D&tp=viewpay

Parution au Dauphiné Libéré – édition Chambéry 14 février 2020

 

https://c.ledauphine.com/societe/2020/02/13/savoie-la-motte-servolex-dans-son-atelier-marion-laine-restaure-le-piano-de-l-opera-de-toulon

https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2020/02/15/savoie-restauration-de-pianos-dans-l-atelier-de-marion-laine-a-la-motte-servolex

https://c.ledauphine.com/liseuse/73A/20200214

Les Steinway et Bechstein n’ont pas de secrets pour Marion Lainé. Son défi du moment, c’est de retrouver l’âme du piano de l’opéra de Toulon.  Photo Le DL /Sylvain MUSCIO

 

Voilà plus de 700 heures que Marion Lainé planche sur le piano Steinway de l’Opéra de Toulon. Tâches de café, poussière, rouille…, il était en très mauvais état quand elle a remporté l’appel d’offres pour le réparer. Il était même tombé et un pied avait traversé le plancher à deux reprises ! En faisant défiler les photos prises au smartphone, Marion Lainé remonte le temps. Sur les clichés, on retrouve le piano à queue dans toutes les positions. À l’envers, dénudé, poncé, vernis, poli…

Patiemment, une pièce après l’autre, et une étape après l’autre, Marion Lainé a joué sa partition pour sauver ce qui pouvait l’être. Parfois, c’est elle qui a le mauvais rôle et qui, appelée par les assurances ou pour un héritage, doit prononcer la mort d’un piano mangé par les vers ou ravagé par un dégât des eaux. Mais c’était possible de redonner une deuxième vie au piano de l’opéra de Toulon. Un défi estimé à 40 000 euros. C’est beaucoup, mais c’est quatre à cinq fois moins qu’un Steinway neuf.

Restaurer un piano, un défi technique et artistique

Son savoir-faire, Marion l’a acquis en école spécialisée mais aussi dans les maisons allemandes et italiennes où elle a travaillé pour parfaire sa connaissance des instruments et sa technique. Un métier-passion dans lequel elle excelle. Avec l’humilité des artisans qui, sans cesse, sur le métier remettent leur ouvrage. « Je m’estime toujours en apprentissage », sourit-elle. « Même si j’ai hérité d’un certain goût pour le travail bien fait », dit-elle en jetant un coup d’œil et un sourire au portrait de son grand-père, accroché dans l’atelier.

Métal, bois, cordes, feutre, ivoire, vernis… Restaurer un piano est un défi d’une grande technicité quelle que soit la matière. Dans son atelier, Marion Lainé décline ses gammes : tantôt elle joue de la perceuse, de la ponceuse, ou enroule les cordes autour des chevilles. Mais son instrument préféré  c’est le pique-marteau. Un outil qui lui permet d’harmoniser la voix du piano en piquant jusqu’à 4 000 fois sur les différents feutres. Au bon endroit et avec la juste précision.

« Le but de la restauration, c’est de retrouver l’âme de l’instrument », résume Marion Lainé. Un défi tout aussi technique qu’artistique. « C’est un travail de précision, où l’on ne supporte pas d’approximation. Il ne faut pas que ce soit bien, il faut que ce soit parfait », sourit la restauratrice. « On travaille au quart de millimètre. Mon travail, c’est de rendre la précision de l’attaque, la souplesse du toucher, la dynamique du son. »

Comme tous les restaurateurs de piano, Marion Lainé travaille, dès le début de la réparation, avec l’idée du son à laquelle l’instrument peut arriver. Et les derniers réglages seront réalisés sur place, comme pour chaque piano. Elle partira de Savoie le 17 février, direction Toulon. Pour, une dernière fois, retravailler le son.

Marion Lainé est l’une des rares techniciennes à intervenir sur les pianos pendant les festivals. Photo Le DL /S.M.

Technicienne de concert lors de festivals

C’est une autre facette du métier de Marion Lainé. La Savoyarde fait partie des rares restaurateurs de pianos qui participe à la Folle journée de Nantes ou au Festival de pianos de la Roque d’Anthéron. Là-bas, elle joue les techniciennes de concert. Pour adapter les pianos à la fois au jeu, au programme mais aussi au trac des concertistes. Là encore, les connaissances et la précision de Marion sont appréciées à sa juste valeur. Car le pianiste, contrairement aux autres musiciens, ne se déplace pas avec son instrument. « Ce qu’il faut, c’est arriver à comprendre ce que les pianistes expriment avec des émotions, et opérer très rapidement le réglage qui va leur permettre de retrouver leurs marques et d’évacuer le stress », explique Marion, en souriant. Quand, un jour, un pianiste lui a lancé : « Marion, il est trop chaud, là, je me brûle en fond de clavier ! ». Elle avait 10 minutes pour ouvrir le piano, et opérer ses réglages sur les touches du clavier pour résoudre le problème qui gênait tant le pianiste avant d’entrer en scène.

Dans le métier, il faut savoir aussi composer avec une part d’improvisation. Mais rien d’insurmontable pour Marion. Avec son pique-marteau en poche, sa bonne humeur et son savoir-faire, les pianos, quels qu’ils soient, elle en fait son affaire.

Steinway & Sons modèle D – 1955 – Opéra de Toulon

Restauration complète de 2019

 

Antoine Jaccottet, fils du poète Philippe Jaccottet, à propos du Pleyel n°9 de 1914, restauré dans notre atelier

J’ai connu Marion Lainé il y a quelques années lorsqu’elle est venue harmoniser mon quart de queue Erard. J’avais acheté ce beau piano (un modèle 0 de 1919) en très mauvais état à un vendeur peu scrupuleux. Heureusement je m’étais ensuite adressé à la maison Balleron et à Sylvie Fouanon, qui a fait un travail remarquable et l’a magnifiquement restauré en 2009. Depuis son harmonisation, le piano a retrouvé toutes ses qualités et je le joue avec un bonheur sans cesse renouvelé. C’est ce qui m’a incité à m’adresser à elle lorsque l’idée m’est venue de remplacer le vieux piano droit de mes parents, devenu inutilisable. Marion Lainé s’est alors chargée de nous trouver un piano droit Pleyel ancien et de le restaurer de A à Z. L’instrument qu’elle nous a livré au printemps dernier est comme neuf, avec une mécanique impeccable. Il tient déjà très bien l’accord. Et le meuble est très beau. Je ne peux donc qu’ajouter à tout ce qui est dit sur ce site. C’est un immense plaisir de pouvoir faire confiance à tant de savoir-faire et de compétence, à quoi s’ajoute beaucoup de gentillesse et de dévouement. Un grand merci.

Hervé Manceron, à propos de son Steinway O

J’avais entièrement fait restaurer il y a quelques années mon Steinway modèle O de 1902. Il était comme neuf, mais je trouvais que son timbre était trop grêle, je n’arrivais pas à faire de différences entre les nuances pp, p. Je devais tout le temps utiliser la pédale douce pour faire les p. Impossible de faire les pp. La restauration n’était pas en cause, mais il avait tout simplement besoin d’être harmonisé par des mains expertes. Marion est parvenue après 2 jours de travail non stop à rendre à ce magnifique instrument toutes ses couleurs, toute sa richesse, disons-le: toute son âme. Ce n’était plus le même piano.
Félicitations Marion pour votre travail: le résultat est à la hauteur de la passion et de l’amour que je vous ai vus déployer pendant ces deux jours. Merci du fond du coeur et au plaisir de la revoyure.

Hommage à Auguste Tolbecque – Enregistrement sur Erard 1877

Oeuvres méconnues du compositeur, luthier et facteur d’orgues, Auguste Tolbecque, réunies sur un très beau disque pour le centenaire de sa mort.
Enregistré au Studio Sequenza de Montreuil,
sur le piano de concert Erard 2m45 de 1877 de la collection Balleron

Sous le label Passacaille
Disponible sur Qobuz en cliquant ici

Christophe Coin violoncelles,
Jean-Luc Ayroles, piano

 

 

 

Elève du Maitre d’Art Sylvie Fouanon

Remise du Titre de Maître d’Art par le Ministre de la Culture, Franck Riester

Dans le dispositif Maître/Elève mis en place par le Ministère de la Culture et l’Institut National des Métiers d’Art, Sylvie Fouanon a reçu le Titre de Maître d’Art, haute distinction récompensant les savoir-faire d’excellence et leur transmission.
C’est avec Marion Lainé, devenue son Elève que Sylvie Fouanon a choisi d’établir un programme de transmission très haut de gamme

Elève de Sylvie Fouanon – Maître d’Art

Sylvie Fouanon a reçu le titre de Maître d’Art décerné par le Ministère de la Culture, dans le cadre du dispositif Maître/Elève  de l’Institut National des Métiers d’Arts, qui récompense ainsi le savoir-faire d’Excellence, et le travail de transmission déjà amorcé depuis longtemps entre Sylvie Fouanon et Marion Lainé