Thibaud Cartery, designer, à propos de ses deux pianos à queue Erard

 Toulouse

Mon 3/4 queue croisé Erard de 1926 retentissait dans ma pièce comme les cuivres dans un orchestre de Berlioz, comme un fauve, rugissant en plein bois de Palissandre, qu’avait ressuscité Sylvie Fouanon des Pianos Balleron à Paris, et qu’on aurait cru sorti des ateliers Erard de la Rue du mail en 2000 et quelques…mais Marion Lainé vint et dompta le fauve , elle lima sa denture trop saillante, le ligota par des bandes de feutres savamment disposées, reéduqua sa mécanique comme une horlogère suisse à façon des années 1920 et le résultat surgit sous ses doigt de musicienne: une parfaite régularité de toucher, une douceur de timbre, une énergie concentrée dans le point de frappe.. Elle reédita son exploit sur mon second Erard 1/2 queue parallèle de 1917 le deuxième jour, restauré lui aussi magnifiquement par Sylvie Fouanon quelques années auparavant, et qui conquiert sans coup férir le pianiste de passage sans parler de son propriétaire et pratiquant amateur désormais au « paradis ». Un clavier d’une grande douceur et régularité, des sonorités aux timbres étonnamment variés, une belle résonance. Marion tu est invitée à la maison si tu es de nouveau de passage à Toulouse ( imparable sur la route de Bagnères de Bigorre…) !

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